Série : Le lapsus corporel (2/3) -Les 7 niveaux de lapsus corporels : le voyage du corps vers sa vérité
- laurencearmand
- 4 juin
- 3 min de lecture

Dans le premier article de cette série, nous avons découvert ce qu'est un lapsus corporel et
comment les trois premiers niveaux s'installent — des premiers spasmes jusqu'aux mouvements
orientés, là où le corps commence à raconter son histoire.
Aujourd'hui, je vous emmène plus loin — à travers les 7 niveaux complets de ce voyage intérieur.
Un voyage que j'accompagne chaque jour dans ma pratique, et qui ne cesse de me confirmer une
chose : le corps sait. Il a toujours su.
Un voyage en 7 étapes — la carte du territoire
Ces 7 niveaux ne sont pas des étapes arbitraires. Ils correspondent à des couches de mémoire de
plus en plus profondes, de plus en plus précises — comme si le corps pelait, une à une, les
couches de protection qu'il a construites autour de la vérité traumatique.
Chaque niveau ouvre une porte. Et derrière chaque porte, un peu plus de vérité.
Niveaux 1 à 3 — Le corps s'éveille et prend la main
Tout commence par des spasmes (niveau 1) — ces petites secousses involontaires qui signalent
que le corps est prêt à parler. Ces spasmes se multiplient, s'accélèrent, jusqu'à générer une tension
lapsusale — ce point d'ancrage sur lequel toute la séance va reposer.
Au niveau 2, les tensions migrent du centre du corps vers les extrémités. Au niveau 3, ces
mouvements deviennent orientés — avec deux types de tensions : les points d'intensité qui
racontent la souffrance, et les points d'images qui racontent les événements. C'est leur combinaison
qui fait surgir les premiers flashs.
Niveau 4 — Les souvenirs affluent
Au quatrième niveau, les mouvements deviennent précis et répétitifs — un poing qui tape le sol avec insistance, un bras qui pousse, un geste qui cherche quelque chose ou quelqu'un.
Ces mouvements commencent à attirer des souvenirs — non pas d'une seule période, mais de tous les âges du passé à la fois. Des pièces d'un puzzle qui cherchent leur place.
Niveaux 5 et 6 — Le mime de la scène traumatique
Avec les niveaux 5 et 6, quelque chose de remarquable se produit. Les tensions ne sont plus des points — elles deviennent des mouvements.
Au niveau 5, apparaissent des mouvements concrets — le corps commence à mimer une situation du passé. La personne ne raconte plus confusément — elle revit. Son corps reconstitue la scène, geste après geste, avec une précision que le mental seul n'aurait jamais pu atteindre.
Au niveau 6, ces mouvements deviennent saturés — la tension se concentre en un seul point
central, comme si le corps cherchait un conflit articulaire unique pour exprimer tout le drame de la
scène.
Niveau 7 — Le paroxysme : le corps dit tout
Le septième et dernier niveau est ce que nous appelons le lapsus postural paroxystique.
L'ensemble du corps se focalise sur un conflit articulaire majeur — une posture extrême qui contient en elle la totalité de la situation traumatique.
À ce niveau, j'interviens peu. La personne est portée par ce qu'elle redécouvre — l'intensité, la vérité brute de ce moment enfoui. Le corps a tout dit.
C'est souvent à ce moment que les larmes viennent — non pas de tristesse, mais de
reconnaissance.
L'équation fondamentale
Ces 7 niveaux de lapsus corporels ne sont qu'un des trois termes d'une équation que j'utilise dans
chaque séance :
Lapsus corporels + Images psychiques + Verbalisation = Conscientisation du passé
Le corps ouvre la porte. Les images psychiques entrent par cette porte. Et la verbalisation ancre la découverte dans la conscience.
Ce que j'observe, séance après séance
Ce qui me frappe toujours, après toutes ces années de pratique, c'est la précision absolue du corps. Il ne se trompe jamais. Il raconte exactement ce qui s'est passé — avec une fidélité que le mental n'a pas.
Le corps ne se souvient pas de l'histoire. Il est l'histoire. Et maintenant, il peut enfin lâcher prise.
Et après ?
Ces 7 niveaux nous amènent jusqu'à la scène traumatique — jusqu'à la vérité de ce qui s'est passé,
vue depuis les yeux de celui qui l'a subi.
Mais il existe un tournant décisif — le moment où la caméra intérieure se retourne. Où l'on cesse de voir depuis la place de la victime pour apercevoir, pour la première fois, le monde de l'autre.
C'est le sujet du prochain article — et sans doute le plus bouleversant de cette série.



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