Le lapsus corporel : quand votre corps prend la parole
- laurencearmand
- 2 mai
- 3 min de lecture

Imaginez un instant que votre corps puisse parler. Non pas avec des mots — mais avec des gestes, des tensions, des mouvements qui surgissent malgré vous, porteurs d'une vérité
que votre mental n'a jamais pu saisir.
C'est exactement ce que sont les lapsus corporels — et c'est le cœur de mon travail en tant que Praticienne en Exploration Corporelle des Traumatismes.
Un lapsus du corps, comme un lapsus de la langue
Vous connaissez le lapsus verbal — ce mot qui échappe et révèle ce qu'on voulait taire. Le lapsus corporel fonctionne de la même façon, mais c'est le corps qui parle à la place de la tête.
Ce sont ces mouvements involontaires qui surgissent lors d'une séance de revécu sur le tatami — un poing qui se serre, une main qui frappe le sol, la tête qui part d'un côté sans qu'on l'ait décidé. Des gestes que vous n'avez pas choisis, que vous n'avez pas construits. Des gestes qui viennent.
Ce sont ces gestes qui m'intéressent. Parce qu'ils ne mentent jamais.
Comment cela commence — les premiers lapsus
Tout commence par des spasmes. Des petits mouvements sans sens apparent — comparables à des hoquets, à de légères secousses, à des réactions automatiques au niveau du ventre. Le corps s'agite, cherche, tâtonne.
Ces premiers lapsus sont sans signification consciente — mais ils sont le signal que le corps a commencé à parler. C'est le premier niveau d'une progression qui en compte sept.
La personne allongée sur le tatami laisse ces spasmes se répéter, s'accélérer, se multiplier — jusqu'à ressentir le besoin de tenir une tension, de rester dans cet endroit que le corps réclame. C'est ce qu'on appelle la tension lapsusale — le moteur de toute la séance.
À ce moment, quelque chose de remarquable se produit : la tête cède la place au corps. Elle n'observe plus que ce qui se passe, sans diriger. Et le corps, libéré de son contrôle, commence à raconter.
La progression — du centre vers la périphérie
Au deuxième niveau, les tensions quittent le centre du corps — thorax, abdomen, cervicales — pour migrer vers les extrémités : les bras, les mains, les jambes, les chevilles. Un poing se serre. Une main cherche à frapper. La tête tourne.
Ces mouvements ne sont pas des agitations aléatoires. Ils sont les premiers mots d'un récit que le corps veut enfin déposer.
Au troisième niveau, ces mouvements deviennent orientés — ils commencent à avoir un sens, même encore symbolique et confus. Le corps entre dans une première définition globale de son histoire traumatique. Deux types de tensions apparaissent alors, que j'observe attentivement :
Les tensions illogiques — un poignet qui veut se retourner, un bras qui résiste sans raison apparente — qui racontent l'intensité de la souffrance passée
Les tensions logiques — un doigt tendu vers quelque chose, un geste qui cherche — qui racontent les circonstances et les événements du passé
Ce sont ces deux types de tensions, combinées, qui font surgir les premiers flashs — des fragments d'images, de sensations, de souvenirs qui remontent à la surface.
Ce que les neurosciences confirment
Les récentes avancées en neurosciences éclairent ce que nous observons en séance. Ces niveaux de lapsus corporels agiraient comme autant de portes d'entrée vers le cerveau émotionnel — notamment l'amygdale, siège de la mémoire traumatique.
En activant ces points de déclenchement corporels, nous permettons à la personne de retrouver l'intensité émotionnelle originelle du traumatisme — jusque dans ses moindres détails. Comme si nous remontions le fil du temps pour retrouver les images, les sons, les sensations enfouis au moment du choc initial.
Le corps ne se souvient pas de l'histoire. Il est l'histoire.
La suite — 7 niveaux, 7 portes
Ces trois premiers niveaux ne sont que le début du voyage. Il en existe sept au total — chacun ouvrant une couche de mémoire plus profonde, plus précise, plus intime.
Du premier spasme archaïque jusqu'au mime détaillé d'une scène de vie, le corps remonte progressivement vers la vérité — intacte, fidèle, libératrice.
Dans le prochain article, je vous emmènerai à travers les 7 niveaux de lapsus corporels — ce voyage que le corps accomplit, pas à pas, vers sa propre vérité.
Vous souhaitez explorer votre propre mémoire corporelle ?



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